Le come back expliqué ?
Rebonjour !
Après cette longue absence qui me vaut d’avoir déménagé dans la rubrique “cessation d’activité” dans le Blog de Tizel, me revoilà. j’ai été pas mal occupé ces derniers temps et aussi pas mal préoccupé. A quel propos ? Bingo… ma thèse ! Je suis à présent en milieu de seconde année (rappelons qu’une thèse en sciences dure tient en 3 ans) et j’ai fait (et suis encore dedans) l’équivalent pour le thésard de la crise de la quarantaine chez l’homme ! J’imagine que toutes les thèses comportent des hauts et des bas, des moments calmes et des moments de rush, j’ai souvent l’impression que la mienne est déprimante. Tout se résume par le fait que je suis le seul et unique à bosser sur mon sujet au labo, il n’y a aucun expert pour m’expliquer quoi que ce soit. Ce qui fait que je dois bien sûr tout comprendre par moi même, et trouver mes propres objectifs scientifique. Tout ça sans l’expérience technique ni la bonne connaissance des questions et savoirs clé de ma communauté. Dur dur…pour ajouter un peu à ça, mes deux boss ne sont pas très présents. Enfin physiquement ils sont là et je les voit quasi tous les jours, mais ils ne réfléchissent quasi jamais à ce que je leur dit, je perds énormément de temps en leur répétant 10x la même chose en vain…
je crois avoir tout tenté pour essayer de les faire s’investir d’avantage. J’ai fait une bibliographie des articles clé de mon sujet et je l’ai mis à leur disposition pour qu’enfin ils sachent ce qui se fait, mais ça a fait un flop. Alors j’ai décidé de faire un powerpoint sur tout ce que je fais, que je leur ai présenté pendant une heure en février. Ils m’ont dit que c’était très bien mais je n’ai jamais eu de retour ensuite… plusieurs mois après je leur dit des trucs que j’avais déjà raconté pendant cette présentation et on dirait qu’ils entendent ça pour la première fois… déprimant. Alors troisième option, j’ai décidé de faire régulièrement des PDF avec des graphiques et explications sur ce que je fais et de leur envoyer en posant des questions. J’espère suciter chez eux une envie de travailler et enfin une direction à ma thèse…. et souvent ça fait un flop. Quelle misère, obligé de tout réinventer seul, mes discussions avec eux ne sont quasiment toujours que des monologues entrecoupés de “ah bon ? ah tient ! intéressant… oui faudra creuser ça…” sans suite. Et comme je le disais, je ne peux pas me tourner vers quelqu’un d’autre car personne ne travaille sur le phénomène que j’étudie. Et même pire… en france personne ne fais la même chose non plus je crois.
Finalement, après en avoir discuté avec quelques personnes, j’ai retenu une ou deux phrases clés qui m’ont fait réfléchir :
“Tu sais, de ceux qui s’en sortent [NDLR : ceux qui ont un poste par la suite], les meilleurs sont souvent ceux qui ont été mal dirigés“
et
“Une fois que tu as pris conscience que tu es mal dirigé, et que tu as essayé d’y changer quelque chose en vain, ça ne sert à rien de se lamenter, il faut accepter son “sort” et bosser 10x plus.“
Alors voilà, je pense accepter ces deux idées et appliquer la seconde, depuis un mois je bosse beaucoup plus, hier j’ai fait 9h-22h et j’ai pas encore pris une journée de congé en 2009… je suis en train de me demander si j’en prendrai dans la suite de l’année. On m’a traité de débile lorsque j’en ai parlé (S… si tu me lis) car la 3eme année je vais morfler un max si je fais ça… cette idée est encore à l’étude !
Finalement, c’est assez étrange que ces gros moments de doutes et de découragement ne m’ont pas complètement décidé à laisser tomber, mais au contraire m’ont motivé d’avantage. Faut croire que je suis mazo ou que j’aime ça. Et je ne vous parle même pas des perspectives d’avenir qui sont loin d’être évidentes. Dites vous bien que ces moments de doutes sont accompagnés de la phrase suivante “et ça se trouve je me tue à la tâche pour rien car je ne serait peut-être jamais chercheur !”
Tizel a dit,
mai 30, 2009 à 8:58
Si tu termines ta thèse, tu pourras te considérer comme chercheur. après, c’est clair que ce ne sera pas forcément dans la recherche publique…
Dans une thèse il y a des hauts (quand on trouve) et des bas, qui permettent de se remettre en question et qui sont aussi parfois moteurs (comme cela semble aussi être le cas pour toi). Il n’est pas donné à tout le monde de surmonter ces moments de doute.
L’avantage dans une recherche, c’est que même si on ne prend pas la bonne route, on ne régresse jamais. Tu apprends des choses, tu développes une démarche scientifique, tu développes une expertise que tu est la seule à avoir.
Tu es arrivée dans ma rubrique cessation d’activité, mais comme tu le vois, je suit encore ton actualité. Invites moi dans 1 ou 2 ans à ta soutenance de thèse, j’essayerais de venir
Tizel
theferrettouch a dit,
mai 30, 2009 à 10:31
n’oublie pas que je suis un mec
Tizel a dit,
mai 31, 2009 à 6:45
Lol, j’oublie vite… Après 3/4 mois d’absence
A part des “e” qui trainent, je n’ai rien à retirer à mon message précédent.
Tizel